On est tous Grand et Beau
Cette année, j’ai perdu mon grand père, et mon beau père. Ca fait beaucoup. C'est trop. C’est la première fois que je vois des gens que j’aime descendre dans des ascenceurs en bois. Ils descendent, même pas d’eux même, tenu par des hommes tout noirs qui ne sourient jamais. Je me dis que ça fait parti des premières inventions, mais celle là, personne ne veut la faire évoluer. Dans nos immeubles, on a droit à des machines pour quand on veut descendre. Pas eux. Peut être qu’ils se disent que nous, les vivants, on a aussi besoin de remonter. C’est toujours plus difficile de tirer les gens vers le haut, alors on automatise.
Mon grand et mon beau avaient ce point commun, de ne jamais en parler, comme s’ils savaient eux, qu’ils seraient de toute façon les seules personnes absentes quand ça arriverait.
Cette année est trop dure. Je me dis vie de con, on me dit c’est la vie. Pourquoi refuser ? Comment accepter ? Je m’aperçois que je me connais pas. A 25 ans, il n’est pas trop tard, c’est la vie.
Mon Beau est parti, et c’est le jour que mon inconscient a choisi pour me révéler que j’avais envie d’avoir un enfant avec Emilie, que j’étais prêt à l’assumer, à l’aimer, et à m’en occuper. Je ne vois plus les concessions, je suis prêt, point. C’est encore tôt pour réussir à expliquer ça. Encore un sujet pour mon psy, pour moi en somme. Une chose est certaine, j’ai réalisé que la vie était courte. Julie écrit souvent « Carpe Diem » un peu partout en ce moment. Je me disais qu’elle était jeune, ce sont deux mots bien utiles quand on a la fougue, quand on est encore insouciant. Je me le disais. Mais merde, Carpe Diem quoi.
Projets d’entreprise ! Enfants ! Voyages ! Permis de conduire ! Permis de vivre ! Réveillez vous ! Frappez à ma tête ! Demandez Carlo, il vous attend maintenant, il est prêt, il n’a plus peur. Il sait qu’il ne peut plus rien lui arriver. Qu’il est sur cette planète pour ça. Que la vie est courte et qu’il doit en profiter, et que si vous devez merder, ben ça l’empêchera pas de vivre. Il a réalisé que rien n’est challenge. Surf on the wave, il dit ça maintenant. Il veut voir de quelle mer il se chauffe.
Je suis lui, je suis lui aussi, on est tous grand et beau.


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